A la rencontre des Lahus

On hésite pendant des heures pour savoir quel trek choisir. Il y a toute sorte d’offres, pour 1, 2 ou 3 jours dans des villages de différentes ethnies. Après avoir réduit nos choix à 2 treks, on choisit la seconde option car le gars nous dit qu’il est en train de monter sa petite affaire et il a l’air très sympathique. C’est plus cher qu’en Birmanie, heureusement, il y a 4 autres personnes, ce qui permet de réduire les coûts.

On se présente donc le lendemain à la porte de notre guide. Et là, petit soucis. Apparemment des gens ont « annulé » et ils nous proposent de partir avec l’agence « mère ». Bizarre vu qu’il était censé lancer son entreprise tout seul. Enfin, cette seconde agence proposait le trek avec lequel nous hésitions. C’est un signe. On se joint donc au groupe et nous partons enfin.

On commence par un tour au marché où nous faisons un tour en attendant que notre guide fasse le plein de victuailles. On part en van pour environ une heure de trajet jusqu’à un village Khmu où l’on récupère 2 guides locaux. On commence enfin le trek. Il est déjà plus de 10h…

Le trek commence bien, on passe dans des rizières puis on attaque la jungle. Il y a des obstacles au milieu du chemin, on se sent aventuriers. On continue notre chemin pendant 2 bonnes heures avec un rythme assez soutenu et nous nous arrêtons pour déjeuner. Nos guides s’affèrent autours d’un feu de bois. Ils sortent du poisson qui bouge encore d’un sac plastique et les attachent à des broches en bambous. Ils utilisent d’ailleurs le bambou pour tout : maisons, radeaux, brochettes, barrières, sacs, paniers… Bref, ils nous servent les poissons accompagnés de légumes marinés, de riz et de laap (une salade de viande assaisonnée vraiment bonne).

Peu de temps après avoir repris notre marche, nous somme surpris d’arriver aussi rapidement au village Lahu où nous allons passer la nuit. Le village est perché en haut d’une colline et surplombe la vallée. La vue est à couper le souffle. Dans le village, il y a une hutte pour notre groupe et nos guides. Dès que nous posons nos sacs dans la hutte, la nouvelle file dans le village que des falangs (des blancs) sont arrivés, et nous sommes vite assaillis par une bande de local très curieux. Les filles ont des peignes dans les cheveux en guise de coiffe. Au début, ils sont timides et nous observent à travers les murs de bambou. Puis ils entrent peu à peu dans la hutte et restent devant la porte. C’est vraiment marrant. On fait un tour du village qui compte une petite quinzaine de huttes pour environ 125 habitants. C’est sympa, vu que nous sommes arrivés assez tôt, nous avons le temps d’interagir avec les habitants. On discute en langage des signes, on joue avec les enfants. Ils sont ébahis devant l’iphone de Buren, le hollandais. Tout ça nous a ouvert l’appétit. Ca tombe bien, c’est l’heure de manger. Peu de temps après le repas, et dès que la nuit tombe, on file vite au lit.

La nuit a été fraîche en haut de la montagne. Le vent s’est infiltré dans les ouvertures entre les murs et nos petits duvets étaient un peu justes. Le lit du dortoir en bambou faisait un bruit fou dès que quelqu’un se levait pour aller aux toilettes (enfin dans la nature). On s’est aussi fait bercer par le bétail qui rentrait au milieu de la nuit, les poulets qui commencent à chanter vers 3h du mat suivis par le doux chant des cochons. Mais qu’à cela ne tienne, nous nous réveillons en premiers à 6h du mat pour aller voir le lever de soleil sur la vallée. Elle est recouverte d’une mer de nuages. Au réveil, c’est une vue qui vous met tout de suite de bonne humeur. Le village semble se réveiller doucement. On aperçoit quelques lueurs de flammes dans les huttes.

Nos guides nous servent du riz et des œufs pour le petit dèj. On mange de nouveau sous le regard des locaux. Avant le départ, nous passons dans 2 huttes. Dans la première, les ados dansent sur de la musique sortant d’une grosse enceinte alimentée par un panneau solaire (toutes les huttes en ont ici). Les filles dansent d’un côté, les garçons fument de l’autre. Certains gamins ont une petite dizaine d’année et sont déjà au tabac. Ca promet… Dans la seconde hutte, 2 petits vieux fument pendant que quelques jeunes jouent aux cartes à côté. Le vieil homme tousse à chaque fois qu’il tire sur son bambou. Il tousse à tel point qu’on dirait qu’il va cracher ses poumons. Dès qu’il s’arrête, il recommence à fumer…

On quitte le village pour la seconde journée. Le groupe opte pour la petite marche de 5h pour le chemin du retour. Elle ne durera que 3h au final. Les paysages ressemblent à ceux de la veille mais le chemin est très différent. Il est très étroit, surplombe un gros dénivelé. C’est boueux et il faut encore éviter les obstacles. On se régale. On quitte ensuite la jungle pour revenir dans les rizières. On arrive ensuite au village de départ où nous sommes invités à manger dans la maison sur pilotis de l’un de nos guides. Le repas est très bon. On découvre d’ailleurs le « pamelon », pamplemousse local. Le temps de dire au revoir à tout le monde et nous sommes déjà dans le van, de retour vers Luang Nam Tha où l’on fait un petit diner avec quelques membres du groupe.

Nous avons adoré le trek. Le rythme était plus soutenu qu’en Birmanie, mais le fait d’arriver plus tôt au village nous a permis d’interagir avec nos hôtes un peu plus. Les paysages étaient complètement différents de ceux que nous avions vus auparavant. Le prochain sera surement au Cambodge.

Pour changer, on vous a compilé une petite vidéo (à voir en plein écran). Par contre, comme la connexion est assez mauvaise ici, on ne peut pas la charger. On attend donc vos commentaires pour nous dire si ça va 🙂

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