Le plateau des Boloven

Il nous faut environ une heure pour trouver un hôtel. Mais on arrive à trouver une chambre pas chère près de la rivière. C’est basique mais propre. On part faire un tour en ville et on en profite pour réserver une moto pour les 3 jours suivants. On va visiter le plateau des Boloven duquel nous avons entendu beaucoup de bien (pas vrai Banjee?).

On décide de commencer par contourner le plateau par l’ouest jusqu’à Sékong. Il y a quelques villages sur la route que nous souhaitons voir. Après une cinquantaine de kilomètres, il se met à pleuvoir. On hésite à rentrer pour éviter de devoir rebrousser chemin plus tard et devoir faire plus de kilomètres sous l’eau, mais on persévère. On fait bien, quelques minutes plus tard, alors que le ciel n’annonçait rien de bons, ça se dégage. Les nuages se dispersent nous laissant enfin entrevoir les paysages alentours. Rien de bien folichon pour l’instant à part le plateau qui nous regarde sur la droite. C’est une douce introduction au plateau.

Arrivée à Sékong. La ville n’a rien d’attrayant, mais qu’à cela ne tienne, ce n’est qu’une halte pour la nuit. On doit passer au garage car la roue arrière de la moto nous fait des siennes. Au final, rien de bien grave. Le roulement arrière est changé en moins de 30 minutes et pour 2 euros main d’œuvre comprise. C’est quand même sympa l’Asie. Il y a une grosse communauté vietnamienne qui vit là nous dit le propriétaire du resto où nous mangeons ce soir là. Le lendemain matin, nous sommes réveillés par des chiens enfermés dans des cages étroites en étal qui hurlent à la mort. Une coïncidence ?

Départ pour Paksong. On achète un petit dej qu’on emporte pour manger à la première cascade de la journée à quelques kilomètres de là. Nous avons un peu de mal à trouver, surement à cause du manque d’indications. Mais nous ne sommes pas seuls dans ce cas là, nous avons rencontré plusieurs personnes qui se sont perdues sur le plateau.

C’est après avoir bifurqué pour Paksong à partir de la route principale que tout se gâte. Ca commence par un gros panneau « ne pas passer » planter au milieu de la route. Etant dans une région où il y a encore des mines anti-personnelles un peu partout, on ne prend pas de risques. On rebrousse chemin et on repart demander aux locaux. Ils nous répondent qu’il suffit de contourner le panneau –enfin c’est ce qu’on comprend). On comprendra plus tard qu’ils étaient seulement en train de refaire la route. Il s’ensuit une série de petits détours. Ensuite, ça ce complique! La route est ensablée, il y a de gros camions qui nous frôlent en soulevant des nuages de poussières gigantesques, des centaines de trous de plus de 30 cm de profondeur… En fait, sans le savoir, on vient de se lancer dans une étape du Paris-Dakar en scooter ! On pense que ça se calme un peu plus loin car la route qu’ils sont en train de refaire, bien qu’en terre, est complètement lisse. Mais ça repart de plus belle. Tout ça pendant plusieurs heures.

Nous arrivons enfin à la chute d’eau tant attendue. Elle est belle, mais si on avait su, on n’aurait pas fait le détour aussi difficile pour ça. On voit des villages le long de la route et on ne peut s’empêcher de se demander comment des gens peuvent vivre ici dans de telles conditions. C’est loin de tout. Mais le pire c’est cette poussière qui vole et s’infiltre partout. On se demande encore comment la moto à tenu le coup. Au final, on arrive tant bien que mal à Paksong.

C’est une ville sans trop de charme. Mais le café est vraiment bon, probablement le meilleur que l’on ait eu en Asie. Ca fait SUPER plaisir !! Le plateau des Boloven est connu pour ses cultures de café. Il y a même le Kopi Luwak, ce café préparé à base de grains de café ayant été digéré et « évacué » par un petit animal.

Ici, il fait froid. Ca nous change. Nous devons même demander des couvertures supplémentaires pour la nuit. Tout ça en Laotien s’il vous plaît ! Merci le dico du Lonely Planet 🙂
Nous partons de bonne heure après avoir pris un dernier café. Le trajet de retour est très joli. On sent qu’une grosse partie de l’économie locale est basée sur le café. Il y a bien entendu beaucoup de plantations, mais aussi beaucoup de grains qui sèchent au soleil en bord de route. Les habitants reçoivent d’ailleurs une plus grosse part des bénéfices depuis que plusieurs organisations ont lancé une branche de commerce équitable. On s’arrête pour voir deux autres chutes d’eau sur le chemin puis on repart tranquillement. A peine arrivés, nous rendons le scooter bien qu’il nous reste quelques heures de location. Nous avons trop mal aux fesses… Pour nous remettre de nos émotions, nous partons nous restaurer. On trouve un super resto indien dans une petite ruelle. Le propriétaire, originaire de Thaïlande, en profite pour nous raconter ses déboires avec les laotiens au travail. Elle a eu beaucoup de membres du staff qui volaient de la nourriture (bien qu’elle fournissait déjà les repas), ou qui ne se présentait pas pendant plusieurs jours sans raison et sans s’excuser à leur retour… Bref, plus cigales que fourmis nos amis laotiens.

On part se reposer aux 4000 îles dans le sud Laos! Woohoo !!

2 comments

  • C’est drôle, on n’a pas vu du tout les même choses. Et nous y sommes venus en période des pluies, on n’a pas eu ce beau ciel bleu… ni cette poussière ! J’espère que vous n’avez quand même pas été trop déçus 🙁

  • On a tout de même bien aimé! C’était dur à certains moment mais avec du recul ça laisse de bon souvenirs.

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