Le « W » de Torres Del Paine

Nous ne sommes pas de grands trekkeurs. Nous adorons nous balader mais en général pour 3 jour grand max. Nous faisons donc une exception pour Torres Del Paine, un parc national au sud du Chili, non sans une petite appréhension. Cette fois ci, ce sera 5 jours de camping, avec toute la nourriture nécessaire dans le sac.

Heureusement, pas besoin de transporter son eau. Ici, on remplit sa gourde directement dans les rivières. Les sacs sont quand même lourds à notre départ ce matin. Mais ils s’allégeront au fur et à mesure de la marche. C’est pourquoi nous avons choisi de faire le “W”, c’est le nom du parcours, d’ouest en est. Il parait que ça monte dur en fin de parcours. Autant que nos sac soient plus légers à ce moment la.

Tout commence par une petite demi-heure de bateau sur un lac vert émeraude au pied de montagnes enneigées. En plus, la pluie qui tombe tout doucement scintille sur la surface de l’eau. Ca commence plutôt bien.

Nous arrivons à 13h environ. Et on s’élance alors pour nos premières heures de trek jusqu’au pied du glacier Grey, notre premier camp. Les paysages sont un peu tristounets. C’est une partie du parc qui a été brûlée par un gros incendie il y a quelques années. Heureusement que la marche est coupée par de superbes vues sur les lacs. Surtout sur le lago Grey où flottent de petits icebergs qui se sont détachés du glacier. Nous arrivons en fin de journée au camp. Nous plantons la tente et, bien qu’il ne reste que 2 heures de soleil, nous tentons notre chance et poussons jusqu’au point de vue situé à une heure de marche supplémentaire. Et ça valait le coup. Nous sommes au pied du glacier. C’est véritablement impressionnant. Une immense étendue de glace qui gronde de temps à autre. Nous finissons la marche dans le noir. Nous avons bien fait de prendre nos frontales « au cas où ».

Le deuxième jour, nous descendons par le même chemin. C’est plus facile dans ce sens là. Une fois notre point de départ passe, nous continuons jusqu’au campement suivant: Italiano. Sur le chemin, nous nous faisons littéralement balayer par les vents. On comprend pourquoi la végétation sur cette partie du parcours n’est pas très haute et pourquoi les arbres ici, poussent de côté! Arrivés au camping, on apprend qu’il nous faut pendre notre nourriture pour ne pas que les souris ne trouent notre tente. On retient la leçon.

Le troisième jour, le temps n’est pas au beau fixe. Il pleut. Mais en bon randonneurs (mais non sans avoir un peu râlé dans les duvets), on enfile nos chaussures et on file sur les sentiers. Apres deux minutes de trek, (oui oui, 2 petites minutes), un cours d’eau nous coupe le chemin. On met 10 bonnes minutes à se frayer un chemin… Apres avoir mis un tronc d’arbre pour faire un pont, on continue notre marche. Une petite heure plus tard, c’est une rivière qui nous coupe le chemin. Là, on comprend pourquoi les allemandes qui étaient devant nous ont fait demi-tour. Ça, ajouté à la pluie (nous montons pour avoir un joli point de vue) nous fait faire demi-tour. C’est dommage. On rentre donc plier la tente et on part pour Cuerno, le camping du soir.

Là, une bonne partie du chemin est recouverte d’eau et de boue. Nous avons beau faire attention, nos chaussures sont vite trempées. Au moins, c’est fait. On gagne désormais un peu de temps à chaque cours d’eau. Le camping est lui aussi balayé par de forts vents. Au moins, c’est pratique, ça sèche les vêtements et la tente que nous avons suspendus plutôt vite.

On suit les conseils des randonneurs croisés la veille et on ne plante pas la tente sur les plateformes car elles retiennent l’eau et transforment votre tente en piscine au milieu de la nuit. Nous trouvons un joli petit coin à l’abri des arbres, protégé du vent.
Au petit matin, on découvre nos sacs de nourriture percés de trous. Les souris sont passées par là. On se dit tous que ça doit être de sacrées souris pour avoir réussi à accéder aux sacs suspendus au plafond par une corde.

Aujourd’hui ça monte quasiment toute la journée. C’est plus ou moins facile selon les moments, mais on finit quand même bien fatigués. Cette fois-ci, on ne pousse pas jusqu’au point de vue. On garde la dernière partie de l’ascension pour demain matin à l’aube. Il paraît que le lever de soleil sur les Torres est superbe. Mais il faut être chanceux, car les sommets sont souvent dans les nuages. On croise les doigts en allant au lit.

Le lendemain, il fait nuit quand nous nous lançons à l’assaut des Torres. Une petite heure de marche éclairée par les frontales pour rejoindre le point de vue. C’est marrant de voir les lueurs des frontales des autres randonneurs au loin. Il n’y a pas de gros nuages sur les tours à notre arrivée. Malheureusement, quelques minutes plus tard, un gros nuage se place entre le soleil et les Torres, du coup la couleur rose tant attendue n’est pas vraiment au rendez-vous. Ce n’est rien, c’est toujours gratifiant de voir le soleil se lever. Cette lumière douce, et cette impression si prenante, que le monde vous appartient.

Nous redescendons la tête dans les nuages, jusqu’à l’hôtel Torres, terminus de notre aventure. Il est temps de retrouver la civilisation.

3 comments

  • Vos sacs sont énormes, je sais pas comment vous avez fait pour les balader pendant autant de temps…
    J’espère que vos pieds ont pas fini dans un « sale état »

    • C’était pas toujours facile mais on s’y habitue en fait. Et ils s’allègent au fur et à mesure 🙂

  • Encore des images sublimes <3

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