Trek dans les montagnes Birmanes

Après avoir passé une journée à Mandalay, nous avions besoin de prendre le large et de nous ressourcer dans les montagnes, loin de la ville et de son vacarme. Mais qui dit montagnes en Birmanie, dit long trajet en bus sur des routes qui zigzaguent à l’infini. Nous arrivons tout de même à Kyaukme sans trop avoir souffert. Et une fois de plus, nous nous sentons bien dès notre arrivée. Les gens nous sourient à nouveau dans les rues, il fait bon vivre.

Quel décalage avec l’ambiance à l’hôtel ! Ici, une seule guest house est autorisée à recevoir des étrangers. Les 2 autres un peu plus haut dans la rue ont dû fermer leurs portes. Quand on sait que le propriétaire est parlementaire, on comprend vite qu’il y a sans doute des dessous de table qui ont du passer par là… Du coup le staff est non chaland, pas du tout serviable et ont une forte tendance à oublier les réservations qui disparaissent du tableau blanc pour un oui pour un non. Heureusement nous rencontrons Marc et Anne-Marie, un couple belge super sympa qui nous acceptent gentiment à rejoindre leur trek de 3 jours qui part le lendemain. Nous seront 10 en tout. Nous sommes chanceux, le groupe est vraiment cool.

• Premier jour
Le premier jour commence tranquillement vers 8h. Moe Set, notre guide nous amène chez ses parents pour prendre le thé. Sa famille fabrique des offrandes dont les chinois se servent pour les cérémonies de crémation. Ils préparent donc ces feuilles de plomb super fines à la maison.
Après le thé, on attaque enfin. On passe au milieu de rizières, de champs de maïs. Ca monte, ça descend, les vues sont superbes, on passe dans des villages où l’on sent vraiment le décalage avec notre monde occidental. C’était vraiment ce que l’on recherchait.
On s’arrête prendre le repas de midi chez l’habitant. Les villageois sont contents de voir des touristes, ils sourient tout le temps. Les enfants tentent de timides « hello » puis partent en courant dans de gros éclats de rire. Enfin la Birmanie dont on a tant entendu parler. Quand on reprend la route en passant dans d’autres petits villages, perchés sur les cimes des collines. Avec les chaînes de montagnes à l’horizon, c’est tellement reposant, surtout sous les couleurs du soleil couchant.
Nous sommes de nouveau accueillis chez l’habitant avec un verre de thé vert. Le thé est récolté dans les collines alentours et préparé dans l’annexe de la maison. Après les usines de thé du Sri Lanka c’est marrant de voir ce procédé encore fait à la main par la famille. Après le thé, Rafika nous sauve des courbatures avec une session de yoga express à laquelle se joint une bonne partie du groupe. Ca fait bien rire la famille qui ne doit pas voir ça tous les jours. Après un repas bien mérité, on va se coucher. Un tapis plutôt sommaire et 2 couvertures feront l’affaire. Les hommes et les femmes dorment séparément. On se couche alors que la famille regarde un documentaire sur un vieux poste de télévision.

• Deuxième jour
Lever à 6h30. Réveil un peu difficile, le tapis s’est révélé être un peu plus dur qu’on pensait. On a aussi failli exploser le coucou qui sonnait toutes les heures (surtout à minuit !). Il a fait froid au début de la nuit, mais ça c’est calmé ensuite.
Petit dèj de champion à base de riz, de citrouille et de cacahuètes. C’est super bon. J’en reprends plusieurs fois, ce qui me vaudra le surnom de « One more ». Juste avant de partir, le sol se met à trembler pendant quelques secondes. Le temps de réaliser ce qui se passait, nous n’avons même pas le temps de sortir que la secousse se calme déjà. Les locaux, qui ont ressenti la terre trembler de nombreuses fois nous confie que ça n’a jamais été aussi fort auparavant. On apprendra plus tard que cette secousse était de 6.8 sur l’échelle de Richter et l’épicentre se trouvait à une centaine de kilomètres au nord de Mandalay où nous étions quelques jours auparavant.
C’est le moment de dire au revoir à la famille perchée sur les fenêtres de leur maison sur pilotis et de partir pour notre second jour de marche. On attaque avec une montée vraiment pas facile qui semble durer une éternité. Les paysages sont toujours aussi beaux et les vues toujours à couper le souffle. On s’arrête manger une « Shan noodle soup » chez une petite mamie : la meilleure qu’on ai eu en Birmanie, et pourtant on en a essayé un paquet ! On vous passe l’aprem de marche. On arrive dans le village où l’on apprend que notre famille d’accueil est malade et ne peut pas nous accueillir. Le village est pauvre et ils ont des problèmes d’approvisionnement en eau. Qu’à cela ne tienne, Moe Set nous trouve une autre famille en un clin d’œil. Les gens sont vraiment accueillants, parce qu’accepter 12 personnes à souper et dormir du tac au tac, ce n’est quand même pas donné à tout le monde. Le guide nous expliquera que les birmans sont curieux de nature et ne manquent pas une occasion de découvrir de nouvelles choses. Allez, yoga express (avec plus de monde que la veille). Moe Set se joint à nous. Ouf, enfin quelqu’un de moins souple que moi : je me sens moi seul. Ensuite on file au dodo après une petite toilette dans un bidon d’eau de pluie.

• Troisième jour
A l’aube du troisième jour, on sent la fatigue gagner le groupe. On repart sur un rythme qui semble plus lent. Au fur et à mesure de la journée, les paysages se ressemblent un peu plus, le groupe s’allonge sur plusieurs centaines de mètres et il y a de plus en plus de pauses. Mais je crois que c’est dernière ligne droite qui nous a achevés. Sous un soleil de plomb, elle semble interminable. Vous l’aurez compris, on n’est pas fâchés d’arriver. Mais ne vous y trompez pas, ce trek est surement l’un de nos meilleurs souvenirs de Birmanie.
Le lendemain, nous partons avec Moe Set vers un monastère bouddhiste pour discuter avec un moine. Mais lorsqu’on arrive, le moine est en train de méditer. Vu que nous prenons le bus dans quelques heures, il nous faut bouger. On file donc au resto pour refaire le plein d’énergie. Puis Moe Set nous emmène à la gare, car oui, il n’y avait pas de bus ce jour là car c’était la nouvelle lune… Ouais, en Birmanie, il faut savoir s’adapter sans toujours chercher à comprendre la logique derrière certains évènements 🙂

En bonus, voici une vidéo d’une de nos hôtes nous montrant comment faire un chignon sans élastics (je sais que vous l’attendiez tous cette vidéo!):

Et en voiture pour Hspiaw…

6 comments

  • Haaaaa, vous avez dormi chez les petits moines alors ! Qu’est-ce qu’ils ont la classe 🙂

    • Non on a juste dormis chez des villageois. On nous a dis qu’il y avait jusqu’à 50 personnes qui dormaient au monastères ces temps-ci…alors on a préféré faire un autre trek… Apparemment t’y es allé au bon moment!

  • le trek est il faisable pour des vieux de 60 ans avec un genou dans le sac ?

    • La plus grande partie du trek est plutôt facile, quelques montées mais rien de trop hard. Le début du deuxième est un peu plus dur, montée difficile, sur un petit chemin pas très large. Anne-Marie qui doit avoir ton âge environ et qui avait eu quelques problèmes au genou (pas d’opération par contre) a pris son temps et tout s’est bien passé.
      Dans tous les cas, il y a plusieurs treks possible de 1, 2 ou 3 jours avec nuit dans les villages aux alentours donc pas de soucis.
      Et si vraiment tu en a marre, on peut te ramener en scooter. Une fille du groupe s’était blessée à la cheville et elle s’est fait descendre en scoot. Bon 2h sur des petits chemins mais c’est faisable 🙂

      Grosse bises

  • Merci pour ces belles images . A très bientôt pour de nouvelles aventures!!!!!

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