Voyage au centre de la Terre

Au départ de l’hôtel, on rencontre un couple franco-hollandais très sympathique. Ils font le même trajet que nous mais à l’inverse. Ils ont quitté l’Europe pour voyager avant d’aller en Australie. On partage un minivan qui nous revient au même prix qu’un tuk-tuk. Et là, le joli minivan tombe en panne à quelques kilomètres de la gare. Le chauffeur nous appelle un tuk-tuk pour finir le trajet. La pauvre machine à du mal à tirer 4 personnes avec des gros sacs, mais arrive finalement à temps pour le départ du bus.

Ici, c’est un peu la loterie quand on prend un bus, et on vient de gagner. Il faut le souligner, le bus était au top. Pendant que je vais faire le plein de bananes et de baguettes à la vache qui rit et persil, une locale offre des oranges à Rafika. On vous avait dit qu’il était trop bien ce bus 🙂 Par contre côté timings, ne jamais croire un laotien. On est étonné quand on arrive avec seulement 2h de retard.

Sur le trajet, les paysages sont très différents. La forêt est plus sèche, il y a beaucoup de poussière, des plaines désertiques entourées de montagnes calcaires où peu de plantes poussent. Il n’y a pas d’arrêt jusqu’à Kong Lo, 7h plus tard, ce qui est plutôt inhabituel. Heureusement qu’on a notre sandwich à la vache qui rit et nos 2 oranges pour tenir le coup. Une fois arrivés, on se met à la recherche d’un logement. On est censé pouvoir dormir chez l’habitant pour une bouchée de pain. Mais sur le chemin, on rencontre 2 espagnols Guiem et Noria qui nous conseille une guest-house pas chère.

On se dirige vars la grotte pour y être à l’ouverture. On récupère Ramon sur le chemin car les bateaux peuvent accueillir jusqu’à 3 passagers. Tout le monde nous dit sabaidee (bonjour en laotien) et nous sourit, c’est très chaleureux. Grâce à la nouvelle route et le bus qui arrive maintenant directement jusqu’au village, tout se développe vite. Mais ça fait plaisir de voir que malgré ça, le village reste authentique.

Après avoir pris notre billet d’entrée et parcouru une petite centaine de mètres à pied, nous arrivons à l’entrée de la grotte. L’entrée est énorme, c’est vraiment impressionnant. On a l’impression d’entrer au cœur de la Terre. On monte ensuite dans notre barque à moteur et on se lance pour les 7,5km de rivière souterraine qui travers la montagne de part en part. Il fait vraiment noir, et on y voit seulement grâce aux lampes torches de nos chauffeurs.

A mi-chemin environ, on descend pour parcourir la partie illuminée de la grotte à pied. Il y a des stalagmites, stalactites, des colonnes, des drapés superbes. La grotte est immense à cet endroit là, environ 100 mètres de hauteur et de largeur. On repart dans le noir. Le bruit du moteur rappelle parfois celui d’un hélicoptère quand il rebondit sur les parois verticales de la grotte. On doit descendre régulièrement du bateau car il y a peu d’eau à certains endroits. Les guides ne parlent pas anglais, on communique donc avec des signes. Pas si évident quand il fait noir… Nous voici finalement de l’autre côté. Rien à dire, ça fait plaisir de revoir la lumière. Après une petite balade dans le village voisin, il est déjà temps de repartir. Au retour Raf à les yeux sur l’appareil photo pendant 2 secondes, juste le temps d’entrer dans la grotte. Ca lui fait bizarre de voir le noir tout à coup. Il est environ 10h du matin maintenant et on croise déjà plus de barques. Le retour passe très vite. Il est déjà temps de passer récupérer nos sacs.

On marche une trentaine de minutes sous un soleil de plomb. On a le temps de prendre un petit repas avant de sauter dans un premier « bus » collectif. On fait un premier changement pour un second bus collectif. Ca fait mal aux fesses. Puis finalement, on finit par un bus local. En tout 5h de trajet au cours desquelles on voit des combats de coqs et des camions remplis de chien errants capturés en Thaïlande et expédiés vers le Vietnam. C’est un commerce très lucratif pour certaines personnes sans scrupules. Les chiens sont affamés pendant plusieurs jours, mis en cages où ils s’entretuent pour finir dans les assiettes vietnamiennes. Dans le dernier bus, il ne nous reste plus de kip, mais ici comme partout le long de la frontière Thaï, les gens acceptent les baths, monnaie thailandaise. On se demande quel impacte cela a sur l’économie du pays. Si quelqu’un sait, on est preneur d’explications. Et le chauffeur se « trompe » en ne nous rendant que 5000 kips au lieu des 65000 qu’il nous doit. Il s’excuse quand on le rappelle à l’ordre. A la gare routière de Tha Khaek, on décide de couper le trajet et de s’arrêter pour la nuit.

Le lendemain, on part pour 6h (enfin 8h) de trajet jusqu’à Pakse. A chaque arrêt, le bus se fait assaillir de vendeuses ambulantes vendant poulets rôtis, œufs durs, papaye verte… On craque sur du riz dans des petits sacs plastiques accompagné de poulet rôti avec pour finir des petites boules fourées à la pâte de haricot rouge. Dans le bus, notre jeune voisin de devant, un bout de chou d’un an environ, pleure à chaque fois qu’il voit un blanc. Ah bravo !

Nous voici à Pakse.

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